Adieu Xantia

Au cours de l’été 2017, notre belle et fidèle Citroën Xantia nous a fait part de ses envies de retraite anticipée et d’euthanasie. Alors qu’elle était rentrée dans notre vie en même temps que notre fille aînée, nous l’avions rapidement adoptée. Elle était toujours présente pour nous. Elle était là pour nos premières escapades avec Maxine. Elle était là pour nos retrouvailles en amoureux. Elle était là pour nos vacances en Bretagne, en Auvergne, dans le Gers, etc.

Elle ne nous demandait pas grand-chose, un peu à boire, un peu d’entretien et en échange elle nous fournissait un confort jusqu’ici inégalé. Celui qui n’a jamais posé son séant dans une Xantia, ne connaît pas le véritable confort que peut apporter une voiture. Avec son intérieur en ronce de noyer, on atteignait des niveaux de sobriété et de classe magnifique. Malheureusement, la réalité de la vie nous a rattrapés et le rêve s’est détruit. La veille de la naissance d’Arsène, alors qu’il était temps de partir à la maternité, elle a refusé de démarré, nous obligeant ainsi à avoir recours aux services d’un chauffeur privé (merci Virg !). Après avoir campée plusieurs mois dans le jardin, car incapable de nous séparer de sa dépouille, nous l’avons finalement laissée partir. Un deuil inconsolable nous poursuit depuis.

Dans de telles conditions, impossible de confier notre amour à un nouveau véhicule motorisé. Nous aurions eu l’impression de la tromper. Et puis, ce nouveau véhicule ne sera peut-être pas à la hauteur ? Ah! La rupture fut tellement brutale que la confiance que nous avons toujours eue dans les moteurs est brisée à tout jamais. Et, soyons honnête, un soupçon de conscience écologique nous a rattrapé avec la naissance d’Arsène. La planète est en danger, seuls les vélos pourront la sauver (et les transports en communs). Nous voici donc décider à vivre sans voiture avec une fille de moins trois ans et un garçon d’un mois.

Les premiers jours, une euphorie et une énergie nouvelle nous aident à pédaler tous les jours et à prendre le bus. Mais bon, au fil du temps, on se démotive. L’entourage, surtout de mon côté, ne cesse de vouloir nous raisonner : « Enfin voyons, une voiture, c’est indispensable ! ». Ma mère, rejetant totalement cette idée incongrue de se passer d’une voiture, m’envoie régulièrement des annonces de voitures à vendre glanées par ci, par là. L’hiver arrivant, la reprise de Clem aussi, le sujet se complique. Belle-maman nous prête sa petite voiture le temps que notre organisation se rôde et que Clem n’obtienne enfin notre fameuse carriole qui nous permettra de craner sur les pistes cyclables.

En 2019, les enfants devenant de plus en plus grands et surtout lourds, et Clem assurant la majeure partie des trajets maison-école/crèche, il devient indispensable de s’équiper d’un vélo à assistance électrique. Nous faisons donc l’acquisition d’un biporteur Babboe électrique qui intrigue et fascine les passants. Les trajets deviennent plus aisées mais nous n’oublions pas pour autant notre vélos mécaniques que nous ressortons lors de nos sorties solitaires ou pendant les vacances (et weekends) à vélo.

Aujourd’hui, notre garage déborde de vélos en tout genre. Les vélos des enfants, le vélo de Marc, les vélos de Clem, la remorque Weehoo et notre biporteur bien aimé. Nous n’avons jamais oublié la Citroën Xantia. Elle restera à jamais notre premier achat automobile de couple. Depuis un an, celle-ci a été remplacée par la Dacia Sandero de mon grand-père pour le plus grand plaisir de ma mère qui n’a plus besoin de venir nous chercher à la gare d’Yvetot les weekends où nous leur rendons visite.

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