Tour d’Europe : semaine 1

Bilan

Nombre de kilomètres : 206km

Vitesse moyenne : 12,3 km/h

Où sommes-nous ? Fort-Mahon

Humeur : on est content ! Surtout depuis que nous sommes sortis de Normandie.

Nourriture : au début on a un peu cafouillé mais maintenant on commence à bien gérer à la fois les réserves et à varier les menus tout en restant équilibré. 

Enfants : on commence à bien prévenir les coups de mou, mais ils en ont toujours. C’est généralement dans ces moments qu’ils nous parlent de ce qui leur manque : les doudous, la maison, les copains, etc.

Vélos : ils tiennent bien le coup pour le moment ! On est vraiment content d’avoir pris le temps de mettre des pneus Schwalbe Marathon à tout le mondeBivouac : on est très content de notre matériel, surtout les duvets. Personne n’a froid (plutôt chaud), et les enfants prennent plaisir à nous aider à tout installer. C’est toujours long de tout ranger le matin et frustrant car cela nous oblige à commencer à pédaler tard…

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Journal de bord

Jour 1 / 30 juin 2022

Dernier réveil dans un lit, dernière douche, dernier petit déjeuner avec un frigo à côté, dernière course en voiture (de toute façon après l’accident d’hier, j’ai plus envie de conduire !). Plein de dernière fois avant d’enchaîner les premières fois. Les premiers kilomètres, les premières descentes et les premières côtes qui piquent ! Celles entre Héricourt en Caux et Hanouard sont costauds, c’est un bon test que nous passons haut la main malgré notre chargement d’une trentaine de kilo chacun. 

Nous partons à 11h30 après avoir rangé la maison. Il faut réapprendre à faire du vélo, prendre en compte le dérangement des sacoches, le déséquilibre inhérent aux coups de pédales des enfants. La météo n’est pas clémente, mais le plaisir est là. 

Je me demandais depuis longtemps dans quel état d’esprit je serais avant de partir, de commencer à réaliser ce rêve que je cultive depuis plusieurs années. Je m’imaginais impressionné comme avant de m’élancer d’un pont pour un saut à l’élastique, tremblant comme avant de recevoir le sujet de mes concours de classes prépa, paniqué comme pendant ma première sono de mariage. Et non, raté. J’ai juste l’impression de faire ce qu’il faut faire. De suivre le chemin tracé pour moi, devant moi. 

Les enfants pédalent bien, et suivent le rythme sans problème. Nous sommes bercés par le bruit du vent dans les champs de blé, de maïs, de lin et bien d’autres encore :

« C’est quoi ça papa ? me demande Arsene.

-C’est des betteraves ça ! Tu sais ce qu’on fait avec les betteraves?

-Heu… »

Quelques instants d’hésitation, mais je sais qu’il connaît la réponse.

« Du sucre!! Et papa, est-ce que les cochons mangent aussi des betteraves ? »

C’est à mon tour d’hésiter. Les enfants nous posent régulièrement des questions sorties de nulle part qui témoignent de leur curiosité. Maxine aime nous demander : « Qui a inventé les mots ? »

Nous rejoignons la « Véloroute du lin » à l’approche de Cany-Barville. Il est presque 14h, nous achetons des sandwichs dans une boulangerie et partons les dévorer au Lac de Caniel. Les enfants ont envie de profiter des activités mais pour le moment, tout est fermé hormis le ski nautique. Les enfants se créent un monde dans les jeux d’enfants. Ils sont tout à tour papa, maman, capitaine, reine, maître, toutou, etc. Clem et moi réussissons à attraper quelques minutes de sieste sur un coin de table de pique-nique. Soudain, le câble des luges se met en route ! Les nuages sont toujours aussi noirs, si on veut en profiter, il faut se hâter. Après quatre descentes, la pluie revient. Nous attendons une éclaircie pour repartir. Nous retrouvons la voie verte et attaquons un faux plat de 6 kilomètres. Il est presque 18h, nous sommes encore à plus de 30 kilomètres de Pourville… Nous nous arrêtons à Saint Vaast Dieppedal. Nous plantons la tente à côté d’une aire de pique-nique. Les enfants sont heureux de se défouler. Première nuit, premier bivouac.

« Oh non !

-Que se passe-t-il Marco ? 

-Je me suis planté dans les tapis de sol… J’en ai pris un qui est crevé… Punaise, mais je suis trop un boulet ! 

-Mais comment on a pu faire ça ?? »

C’est simple, pas assez de temps pour tout vérifier, et un déménagement par-dessus ça, et on obtient des petites erreurs de préparation. Je reste confiant malgré tout. Cela fait maintenant 36 ans que je suis un boulet et que ce genre d’oubli m’arrive régulièrement, en général ça se passe toujours bien pour moi à la fin. 

Purée, jambon, et au lit tant bien que mal avec Maxine et Arsène qui ne cessent de chahuter. Une fois au lit, nous écoutons les histoires de la nouvelle boite à histoire. 

« Qui c’est qui a eu l’idée de partir aujourd’hui ? interroge Maxine. 

-C’est nous ma chérie, répond Clem. 

-c’est trop bien ! »

Nos yeux ont envie de se fermer, il est 20h30…

Jour 2 / 1er juillet 2022

La nuit a été bonne, un poil dure pour moi dès que le matelas était dégonflé… Les enfants ont mis du temps à s’endormir, un peu trop d’excitation ! Un petit pipi à 4h30 m’a permis d’assister au début du levée du soleil. Une aurore parsemée de nuages majestueux anthracite.

Réveil agréable, pas trop matinale. Arsène a fait quelques heures (minutes) sup alors que nous étions tous levés et avions commencé à ranger la tente. Nous avons pris un petit (trop) léger petit-dej et avons réussi à décoller à 10h avec pour objectif de la journée : Pourville. 

Nous avons évolué sur les routes du Pays de Caux en suivant les panneaux de la vélo route, alternant montées douces et longues descentes. Quitter une voie verte est toujours agréable, cela permet de casser la monotonie de la ligne droite. Un cafouillage de ma part nous a éloigné de l’itinéraire officiel, et nous sommes passés par Fontaine le Dun. Les nerfs étaient un peu à vif, et nous avons tous été bien soulagés d’arriver à Saint Pierre le Viger où nous avons pu faire une bonne pause devant l’ancienne gare bien aménagée.

A partir de là, Maxine a pédalé en autonomie puisque nous retrouvions la voie verte. Une vingtaine de kilomètres avalés sans jamais faiblir, et à chahuter avec le petit frère dans la carriole, ce qui occasionne quelques frayeurs… 

Arsène s’est endormi dans la très longue descente vers Petit Appeville. En arrivant au camping (4*, grand luxe) Maxine écarquille les yeux : 

« C’est là qu’on va ?

-Oui

-Mais c’est le paradis ! »

Un plouf dans une piscine trop froide et une douche plus tard, nous voilà en train de dîner au bord de la mare pleine de poissons sauteurs, de canards en famille et de l’île aux moutons et aux chèvres. 

Nous partons prendre une glace face au soleil couchant a Pourville. Les enfants se couchent tard mais plus sereinement qu’hier. Nous prenons le temps d’énumérer les pépites (= meilleur moment de la journée), cailloux (= moment le moins bien de la journée) et graines (moment à améliorer) de chacun.

Jour 3 / 2 juillet 2022

Est-ce que j’arriverai à écrire tous les jours ?  

Réveil en douceur sous la tente. L’attente du petit dej est un peu longue, le pain commandé à l’accueil du camping n’arrivant qu’à 8h45. Après un bon premier repas, à base de tartine à la pâte à tartiner au chocolat sans huile de palme (on y tient), une banane et un Baby bel, les enfants vont jouer dans les châteaux gonflables et nous nous attelons au démontage de la tente et au rangement des sacoches. Nous avons décidé de prendre notre temps ce matin, on n’est pas pressé ! L’objectif de la journée, c’est de dépasser Dieppe, rien de plus! Le temps est bon, le soleil chauffe tranquillement nos peaux et sèche les vêtements de notre première lessive à la main. 

Nous partons à l’heure du déjeuner, on s’arrête à Pourville pour un déjeuner pas très assidu des enfants qui sont plus intéressés par les chiens présents au restaurant que leurs assiettes. Celles-ci sont trois fois trop fournies et ne seront pas finies. Je m’en ouvre à la restauratrice en partant :

« Je suis désolé, nous n’avons terminé les frites, mais en même temps c’est des belles portions !

-Oui, c’est normal quoi ! »

En s’éloignant un peu, Clem et nous nous faisons la remarque que l’obésité galopante de nos compatriotes est peut-être aussi liée au fait qu’il soit estimé normal une assiette débordante de frites… Ne serait-ce pas possible de proposer différentes tailles de portions d’accompagnements ? Ne serait-ce que pour éviter un tel gâchis ? Genre : 

« Avec votre Fish’n Chips, je vous mets une frite enfant, adolescent, adulte en bonne santé ou adulte en surpoids ? »

Nous partons rapidement et commettons notre première erreur de la journée : l’attention portée à la nutrition. Le ciel est d’un bleu éclatant, ébleuissant serait le mot juste s’il existait. Un vent frais traverse le tissu de nos vêtements, et nous commettons la deuxième erreur de la journée : l’attention portée aux rayons du soleil.

La côte entre Pourville et Dieppe est dure. Longue. Serpentée. Arsène et moi trouvons un bon rythme. Il reste bavard mais j’ai un peu de mal à suivre ses paroles à cause de l’effort. Clem et Maxine ont plus de mal à s’accorder et décident à mi-chemin de se découpler. Maxine achèvera la côte toute seule. A son arrivée, on s’arrête pour la féliciter chaudement avec Clem. Elle vient de grimper près de 2km ! Une cyclo en voyage avec son chien s’arrête pour discuter. C’est toujours agréable d’échanger. 

Je dois passer à Decathlon pour un nouveau tapis de sol. Clem et Maxine rejoignent Dieppe, Arsène et moi remontons. Après une glace en plein soleil (cf première erreur) mais avec un petit vent qui te fait oublier que tu crames (cf deuxième erreur), nous reprenons la route (non sans un arrêt règlementaire aux jeux). Maxine et Arsène échangent leurs montures. Maxine commence à montrer des signes de faiblesses mais nous n’y prêtons pas une grande attention. Des courses et nous attaquons une nouvelle côte pour sortir de Dieppe. Celle-ci nous arrachent des larmes (littéralement pour Clem). Nous roulons ensuite sur du plat, et descendons vers la plage du Puy. Maxine est faible, mais ne dort pas. Arrêtés à un carrefour, il est 16h, nous décidons de commencer à chercher un endroit où poser notre tente. Nous hésitons entre la plage du Puy qui nous ferait quitter l’itinéraire ou Bracquemont, environ deux kilomètres plus loin mais sur l’itinéraire. Un couple de vieux boomers qui nous reprochent de nous être arrêter a un mauvais endroit (pour eux, avec leur voiture, ils avaient largement de quoi passer…), nous décidons de prendre la direction opposée à la leur, ce sera Bracquemont ! Une PUTAIN de côte nous attend. Je commence à sentir mes forces défaillir. Clem fait remarque que Maxine n’a presque rien avalé de la journée à part une glace malgré l’effort de la côte de Dieppe. Je lui donne une compote et des biscuits. Ça va un peu mieux ! Nous marchons une bonne partie de la côte. C’est vraiment dure. Nos muscles ne sont pas encore rodés pour de tels efforts, et nos apports nutritionnels de la journée, franchement pas top. Nous arrivons tant bien que mal à Bracquemont et posons les vélos devant la mairie en se promettant d’y dormir. Je reste avec les enfants et Clem se met en quête d’un lieu où dormir auprès du voisinage. La première personne à qui elle s’adresse nous propose l’hébergement pour la nuit ! Quand Clem me l’annonce, je suis soulagé et tellement fier d’elle. Elle nous a trouvé un toit ! Nous sommes accueillis chez Josiane et Albert. Josiane est bavarde et joyeuse et nous raconte sa vie et celle de sa famille avec un bon entrain. Albert se remet d’un cancer attrapé peu de temps après sa retraite a 70 ans. Cet ébéniste qui a commencé à travailler à l’âge de 13 ans, n’a qu’une envie, se remettre à travailler le bois. Ses créations sont magnifiques, et l’aménagement de la cuisine faite par lui est canon ! 

« J’en ai fait plus de 650 de cuisines ! nous dit-il. Mais je ne faisais pas que ça ! Je m’étais mis sur liste rouge et je n’acceptais que les demandes par le bouche-à-oreille. Ca ne s’arrêtait pas ! Mon métier m’a sauvé. »

De tels mots trouvent un écho particulier en moi alors que jamais un métier ne m’a habité ainsi.  

Josiane nous parle de sa carrière professionnelle, compliquée pendant de longues années au RMI, puis secourue par des formations professionnelles, de bonnes rencontres et un succès à un concours qu’elle réussit face à 3000 autres participants qui lui ont permis de travailler 20 ans dans la fonction publique. Elle partage ses regrets sur son départ en retraite, intervenu en plein confinement du 17 mars 2020, qui ne lui a pas permis de célébrer l’événement comme elle l’imaginait… 

Le couple est adorable et nous invite à dîner. Nous sommes reçus royalement et les enfants ne tiennent pas en place, trop épuisés par la journée (soleil, manque de calorie, effort). 

Nous nous couchons dans un lit ce soir, après une très agréable soirée, et ça c’est sacrément cool !

Jour 4 / 3 juillet 2022

Pas besoin de plier la tente ce matin ! Wouhou !

Réveil dans un lit après une nuit réparatrice sur un matelas confortable. Les enfants se mettent à écouter la Merlin dès qu’ils ouvrent les yeux, c’est un vrai succès cette boîte à histoire ! Pourvu qu’elle tienne le coup pendant un an ! 

Josiane et Albert nous servent un super petit dej et sont contents de voir Maxine manger avec appétit. Nous repartons après une photo souvenir avec nos hôtes, Maxine dans la carriole et Arsène derrière Clem. 

Nous traversons des champs de blé jaune parsemés ici et là de tache rouge des coquelicots, sur fonds de mer, c’est magnifique. Un vent frais nous empêche de souffrir de la chaleur. Nous enchaînons les descentes jusqu’à Criel sur Mer où nous nous posons pour un agréable pique-nique devant la mairie sur une grande étendue d’herbe. Une rivière coule près de nous, les oiseaux ravissent nos oreilles de leurs doux piaillements. Une légère odeur d’excrément des canards chatouille nos narines, mais les légers courant d’air la chasse aussitôt. 

Nous repartons en alternant à nouveau les positions entre Arsène et Maxine. Nous sommes contents de voir qu’Arsène tient bien sur le vélo de Maxine, cela est bon augure pour la suite. 

La côte de Criel plage est ardu, nous décidons de la faire à pied. Les enfants rechignent un peu à marcher à côté de nous mais nous essayons d’y mettre de la bonne humeur en chantant. Il est tôt, nous ne sommes pas pressés, pas de pression. On arrivera là-haut quand on y sera ! Une jolie descente au milieu des champs de blé nous emmène à Mesnil-Val, et une nouvelle côte bien longue nous en fait sortir. Je décide de pédaler quitte à faire des pauses. Maxine, tranquillement installée dans la carriole m’encourage. 

« Allez papa ! Allez papa ! Allez ! On oublie les voitures ! »

Nous nous rapprochons du Tréport où nous décidons de poser les sacoches pour la nuit. L’arrivée dans la ville est impressionnante, tout en descente dans des petites rues assez fréquentées en ce premier week-end de juillet. Une agréable piste cyclable nous promène jusqu’au camping municipal. Les enfants y trouvent avec délice un château gonflable dans lequel ils peuvent jouer pendant que Clem et moi installons le campement. 

Je repense beaucoup à cette rencontre avec Josiane et Albert. Cela s’est passé comme dans les nombreux récits de voyage lu avant le départ : une galère de couchage en perspective, une dose de découragement, suivi d’un soupçon d’audace, et une bonne louche de bienveillance et voilà la recette d’un hébergement chez l’habitant ! On avait du mal à y croire, mais oui, c’est possible de rencontrer des personnes heureuses d’héberger pour une nuit des parfaits inconnus. On n’est pas au niveau de « Nus et culottés » mais c’est une grosse fierté pour nous, surtout pour Clem qui en est à l’origine.

Jour 5 / 4 juillet 2022

On commence le rangement de la tente dès le réveil. Petite déception, le boulanger ne passera pas, il est en vacances! J’enfourche ma bicyclette sans sacoches (c’est drôle un vélo tout léger qui répond bien) et je vais en chercher à l’opposé, à l’autre bout du port du Tréport. Les enfants jouent dans un château gonflable pendant qu’on se charge de replier les dernières affaires. 

On espère aujourd’hui rallier Cayeux ou Saint Valery sur Somme, avec peut-être un dodo chez Aurélien. 

Une piste en bord de mer nous emmène à Mers les Bains, et là les ennuis commencent… Une belle côte très raide, puis une rue pied à terre obligé. Maxou rechigne un peu ce matin, elle est écœurée des montées. On lui installe l’enceinte avec la BO des demoiselles de Rochefort ce qui la ragaillardi totalement ! Arsène a une petite mine, il accuse l’accumulation de la fatigue. 

On grimpe jusqu’au sommet de notre dernière falaise de la côte d’Albâtre et disons aurevoir à la Normandie et bonjour à la Somme ! 

Une pause à Ault, avec jeux dans un skate vide et plein de sable. A partir de Ault, nous serons en voie 100% vélo, ce qui est bien confortable. Nous avançons bien, le ciel est bleu avec de rares et fins nuages, c’est très joli. 

A Cayeux, nous hésitons à pédaler les 12 kilomètres supplémentaires pour dormir chez nos connaissances. Après quelques tergiversations, nous puisons dans les dernières forces familiales et repartons. Nous arrivons à 19h, un peu fatigués mais heureux de ne pas avoir à monter la tente. 

La maison a de nombreuses chambres mais les enfants préfèrent dormir avec nous sur leurs matelas !

Jour 6 / 5 juillet 2022

Journée sans vélo ! 

On commence par une petite balade tranquille dans St Val. Il fait très beau. C’est chouette de ne pas rouler aussi, d’autant plus dans cette ville qui nous est familière. Comme à leur habitude, les enfants arrêtent toutes les personnes qui promènent tranquillement leurs chiens :

« Bonjour, est-ce que je peux le caresser ? »

Ils sont plus ou moins bien reçus, mais en général ils attendrissent les passants. De temps en temps, ils tombent sur des touristes étrangers qui ne les comprennent pas. J’essaie de leur apprendre à demander la même chose en anglais, mais ce n’est pas encore gagné.

Après le déjeuner, bonne surprise pour les enfants, Aurélien a besoin que nous nous occupions de ses chiens. Lorsque je l’annonce à Maxine, ses yeux s’écarquillent de bonheur. Elle a du mal à y croire. Elle qui nous réclame de lui offrir un chien pour son anniversaire de 10 ans, une partie de son rêve se réalise. Nous allons chez Aurélien, et faisons connaissance avec les trois chiens de son amie Laure, bergère de son état. Il y a deux border collies qui l’aide dans son quotidien, Pêche et Safou, et un chien plus calme de compagnie, Luc aussi appelé Loulou. Nous laissons Pêche chez Aurélien, elle n’aime pas trop les enfants, elle préfère travailler avec les moutons. Nous récupérons donc deux chiens et décidons de les balader aussitôt dans Saint Val. Les enfants sont ravis et fiers de promener les toutous. Ils se débrouillent comme des chefs alors que c’est la première fois qu’ils en baladent. Arsène propose à tous les passants de les caresser. De retour à la maison, vers 17h, Aurélien nous demande un nouveau service : donner le biberon aux agneaux abandonnés par leur maman à la ferme de Laure. Une nouvelle fois, les yeux de Maxine s’écarquillent. Nous découvrons la jolie ferme de Laure. Nous sommes accueillis par deux jolis ânes qui nous escortent jusqu’à l’entrée de la bergerie. Aussitôt le troupeau de moutons nous encerclent. Les enfants ne sont pas trop rassurés mais personne ne panique. Nous cherchons la bouilloire et les biberons. Les agneaux affamés nous sautent dessus. 

Nous repartons après une bonne heure à caresser et s’amuser avec les animaux présents. Une soirée agréable et sereine après un bon bain, puis des pâtes bolognaise dévorées par tout le monde !

Jour 7 / 6 juillet 2022

Réveil à 8h, encore dans un lit, mais dans un duvet trop chaud pour l’intérieur d’une maison. Le temps de prendre un petit déjeuner et de ranger nos affaires, il est rapidement 10h15. Nous nous dépêchons car nous avons un train à prendre ! Le petit train touristique de la Baie de Somme qui doit nous emmener jusqu’au Crotoy avec une locomotive à vapeur. Des voyageurs nous aident à hisser nos vélos chargés dans le wagon, et nous prenons place dans de vieilles voitures avec des banquettes en bois. Le trajet est tranquille et plaisant. Nous occupons le temps en faisant des mimes, et en jouant à pierre, feuille, ciseaux.

Après un déjeuner sur une aire de jeux rapidement expédié à cause d’un vent frais malgré le grand ciel bleu. Nous rejoignons le Parc du Marquenterre péniblement. Le fléchage manque de logique et nous éloigne de l’itinéraire de l’Eurovélo 4 avant de nous y ramener… Maxine en a marre de pédaler. Il est l’heure de son coup de barre et les 3 kilomètres annoncés par Google semblent interminables.

La balade dans le Parc est agréable mais un peu longue pour les enfants. J’ai une pensée pour mon neveu Pierre, fan absolue d’oiseaux, il serait ravi lui d’être ici. Maxine n’a qu’une idée en tête trouver un escargot de compagnie qui pourrait l’accompagner pendant le voyage, et Arsène n’a qu’un souhait, que son papa le porte. Les enfants sont tout de même heureux de contempler des cigognes, des foulques, des poules d’eau, des spatules, des aigrettes, des cygnes et tous les petits qui vont avec.

La piste depuis le Parc du Marquenterre jusqu’à Fort-Mahon est parfait. 100% en voie cyclable, pas une seule voiture. A Quend, nous changeons de régions et sommes expédiés dans le sud-ouest de la France : ciel bleu, dune et longues rangés de Pins. Heureusement qu’on croise des friteries pour se rappeler que nous sommes dans le Nord !

Le premier camping où nous nous arrêtons, n’a de camping que le nom. En effet, il n’est plus possible d’y camper, ils ne font que de la location de mobil-home… Les enfants ont un peu de mal à s’endormir, et ils ne commencent à fermer les yeux qu’à 22h. Vivement que le soleil se couche plus tôt !

Chaque jour nous rapproche de la frontière belge que nous avons hâte de traverser.

20 commentaires sur « Tour d’Europe : semaine 1 »

  1. Tes talents d’écrivain te servent bien Marc pour ce blog et rendent ce récit bien vivant .
    Au plaisir de lire la suite .
    Granny embrasse Maxine et Arsène.
    Les cousins viennent ce week-end.
    Bises

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    1. Super ces récits Marc!! J’adore! Cela ne va pas être facile mais essaye de garder le rythme de l’écriture.. cela n’aura pas de prix au retour et vous fera un superbe livre 😉 bises à tous les 4

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    2. Bonsoir à vous quatre,
      Bonne fête à Arsène de la part d’Albert et Josiane.
      Nous avons beaucoup pensé à vous ses deux derniers jours vu la canicule. Nous espérons que vous n’avez pas trop souffert de la chaleur et que vous avez pu vous mettre à l’abri.
      Bonne route, bon courage et prudence.
      A bientôt
      Albert et Josiane

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  2. Bon courage, les mollets vont se faire👏👏
    La côte normande est belle mais pas tendre pour les cyclistes.
    Super Maxine et Arsène, vous allez découvrir et vivre pleins de choses.
    Bravo Marc pour ton récit👍Mais non tu n’es pas un boulet.
    Belles bises à vous 4

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  3. Talent d écrivain Marc. Chouette à lire le matin à Sydney avant de se préparer pour le boulot (de la maison). D accord avec toi, rencontrer des retraités à qui le travail manque est interloquant pour nous😉

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  4. Mon covid de début de vacances m a permis d’explorer tout votre blog. Quel bonheur de vous lire, d’arpenter avec vous les moments doux, l’émerveillement, les côtes qui font faiblir, souffrir, l’aventure qui débute mais qui est déjà bien en vous et surtout cette liberté que l’on sent dans vos mots…j’avoue avoir été très touchée par toute cette intimité, les dialogues avec les enfants, cette vie vibrante qui vous anime encore plus! Me voilà entrain de rêver grâce à vous à notre prochain grand voyage en famille, merci à vous, on vous suit de près!

    Lisa, Alan, Romane et Marceau

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  5. Trop sympa de te lire Marco!
    Tu as une belle plume, agréable et tellement fluide, bravo!
    Bravo à tous les 4 pour cette super aventure qui démarre!
    Hâte de suivre la suite de votre parcours.
    Prenez soin de vous
    Bises
    Agathe

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